La sensibilisation – ma réponse à mon éco-anxiété

Quand on est gagné par l’éco-anxiété, soit on se laisse submerger, soit on sort la tête de l’eau et on se bat jusqu’à rejoindre le rivage ou être à bout de force.

J’ai choisi la deuxième option. Pourquoi ? Parce que quand la première solution à gagner un peu de terrain, ma moitié, PM lui a gentiment mis un high kick dans sa tête. Et aussi parce que baisser les bras ce n’est pas trop mon truc.

Après avoir réfléchi longuement à ce que je pourrais faire, je suis arrivé à la conclusion suivante. Une solution efficace, rapide et adaptée aux enjeux sociétaux auxquels nous faisons face ne viendra pas de mon métier de chercheur. Je suis un fin défenseur de la recherche académique, mais j’ai peur que cela n’aille pas assez vite (en espérant me tromper). La recherche, c’est aussi une passion (je ne changerai de métier pour rien au monde) et faire ce métier me permet de garder une santé mentale de fer. Alors je devais me trouver un engagement parallèle.

Sensibiliser à l’écologie est apparu comme MA solution.
Celle pour faire face à mon éco-anxiété.

Retirons de l’équation les personnes qui ne croient pas au dérèglement climatique, heureusement cela reste une minorité (coucou les partisans de Donald). On a donc une grande majorité d’humains qui savent que le problème existe. Alors, pourquoi nous n’agissons pas ? Pourquoi est-ce que les années défilent sans que rien de significatif ne se produise ?
L’une des réponses, c’est que ce problème nous semble trop loin. Que ce soit temporellement ou spatialement. On pense qu’on a le temps, que ce sera pour les générations futures (ce qui est très égoïste soit dit en passant). On pense que ça touchera d’autres pays avant (idem). On pense que les puissants de ce monde tireront la sonnette d’alarme avant que cela n’empire (oui bien sûr…).
Une autre réponse, c’est que ce problème est trop complexe. On a du mal à appréhender la gravité du problème, l’impact réel de nos actions et de notre inaction. C’est comme ça qu’on se retrouve avec des gens (je dis des gens, mais j’inclue carrément le moi d’il y a quelques années) qui pensent que faire des économies d’eau, trier des déchets et recouvrir nos toits de panneaux solaires et rien de plus nous sauvera.

Le problème majeur me semble donc être une méconnaissance de la crise climatique qui nous touche.

C’est Mathieu Duméry qui m’a ouvert les yeux en parlant du COVID et du confinement : « Ça nous a montré que les gens sont prêts quand l’intérêt collectif est en jeu, en l’occurrence, la santé publique, ils sont prêts à accueillir et à respecter des mesures coercitives qui vont dans le sens du bien commun. […] si les gens acceptent que c’est pour le bien commun alors ils sont prêts à se sacrifier. Eh ben, si on applique ce schéma au réchauffement climatique, à la crise climatique qui nous attend, eh ben ces biens communs, c’est même le bien planétaire, c’est le bien du vivant qui est en question, qui est en jeu, donc, moi, je suis prêt aux mesures coercitives. J’espère que les gens, depuis ce confinement, le seront aussi un petit peu plus. » (vidéo à 4:50)

Mais pourquoi ça a marché avec le virus ? Pourquoi on a « accepté » le confinement ? Parce qu’on a dit aux gens : le virus c’est MAINTENANT, le virus c’est DANGEREUX et ça peut toucher vous ou vos proches, le virus ça touche TOUT LE MONDE. Alors voilà le plan et s’il vous plaît, montrez-vous disciplinés. On a alors fait preuve d’intelligence collective.

Et bien les crises éco-citoyennes (réchauffement climatique, épuisement des ressources et déclin de la biodiversité) c’est MAINTENANT, c’est DANGEREUX et ça concerne TOUT LE MONDE.

Mais ce n’est pas une évidence pour tout le monde.
Tout le monde n’a pas conscience de l’imminence du problème.
Tout le monde ne comprend pas la gravité de la situation.
Tout le monde ne mesure pas la complexité du problème.
Tout le monde n’a pas les bons ordres de grandeur (vos efforts pour réduire votre consommation électrique de 130 kW/an sont annihilés par l’impact carbone de 5 000 € que vous mettez sur le compte d’une banque dite standard – mais j’y reviendrai).
Tout le monde n’est pas conscient de ce que cela veut dire +2°C sur la température moyenne de notre planète.

C’est d’ailleurs pour cela que ceux qui parlent d’écologie – qui ont un peu plus de connaissances sur le sujet, mais pas toujours – sont souvent en décalage avec le reste de la société.
C’est pour cela qu’on passe pour des marginaux ou pour reprendre les termes de nos chers représentants politiques ou de certains médias : « des Amish » (coucou Président), des « ayatollahs de l’écologie », « des khmers verts », des gens qui « n’aiment pas la fête, n’aiment pas la joie », qui ont une « approche pénitente » de l’écologie (lien vers un article de Libération).
C’est pour cela que les mesures proposées par la Convention Citoyenne pour le Climat n’ont pas été accueillies à leur juste valeur (j’y reviendrai).
C’est pour cela que les mesures politiques de certains maires écologistes sont considérées comme liberticides (voilà une petite infographie proposée par Graine de Possible : lien).
C’est pour cela que le mot DÉCROISSANCE est, à tort, redouté (j’y reviendrai).

C’est donc ce besoin de participer à l’effort de sensibilisation qui me pousse à lancer ce blog. C’est aussi un des moyens que j’ai trouvé pour m’instruire encore plus (comme vous, je sais encore très peu de choses). J’ai besoin de creuser les sujets d’éco-citoyennetés, d’affiner mes opinions et de les confronter à d’autres.

J’ai l’intime conviction qu’en donnant toutes les informations à tout le monde quel que soit leur niveau social, leur affinité politique, leur conviction, on a une chance de mobiliser nos efforts et peut-être, de minimiser les dégâts. La Convention Citoyenne pour le Climat en est un bel exemple.


L’instinct de survie et la morale nous aide a surmonté la crise du COVID-19. Cette même mouvance doit s’éveiller pour limiter les dégâts de la crise climatique.

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