Accorder ses valeurs avec son porte monnaie

J’ai profité du début de l’année pour faire un petit bilan (calmement en m’remémorant chaque instant) et pas n’importe lequel. Je voulais faire un bilan du côté de notre argent à PM et moi. Les sousous, la moula, la tune, et j’en passe.


En effet, la confrontation (la dissonance ?) entre ma relation à l’argent et ma relation à l’écologie reste problématique pour moi. Oui j’ai conscience qu’une croissance infinie du PIB n’est pas compatible avec un monde fini comme le nôtre. Oui j’ai donc conscience que des taux d’intérêts supérieur à 0 % n’ont pas lieu d’être à long terme. Oui j’ai conscience que le capitalisme est responsable de la catastrophe climatique. Cela ne m’empêche pas de penser que tant qu’on ne détruira pas cet appareil (« mon adversaire c’est le monde de la finance » avait dit F. Hollande mais à priori il est encore sur le dossier) il peut servir à financer des initiatives qui vont – et pour de vrai – dans le bon sens. Néanmoins, tant que des gens comme moi continueront à l’utiliser il ne sera pas détruit. Vous voyez la dissonance ?
L’argent reste donc la bête noire de mon engament éco-citoyens. Aujourd’hui je n’ai toujours pas chassé mes vieux démons – avec PM on a toujours une partie de notre épargne dans nos banques de jeunesse. Coucou Stendhal et « la banque verte » qui n’a de verte que le nom. Vous les avez ?

Bref, la flagellation est terminée. Dans cet article je voulais me focaliser sur le positif et faire avec vous le bilan de tout l’argent que PM et moi n’avons pas donné à nos banques mais avons utilisé pour aider des initiatives qui nous tiennent à cœur.

Let’s go !

Dons

Commençons d’abord par le plus évident. Nous faisons des dons mensuels à trois ONG.

En premier lieu, ça me tenait à cœur de soutenir Oxfam. Ils font un travail assez divers pour lutter contre la pauvreté contre les inégalités ou encore, contre le réchauffement climatique. Oxfam c’est l’une des ONG qui a attaqué l’Etat français en justice et a gagné. L’Etat est condamné pour inaction climatique et il est également condamné à réparer ses préjudices – c’est du jamais vu ! Oxfam c’est aussi un tas de rapport d’utilités publiques (et vous savez comme j’aime me renseigner) : aggravation des inégalités à cause de la gestion de crise du Covid19 ; au moins 33 entreprises du CAC 40 ont pris des engagements incompatibles avec un réchauffement inférieur à +2°C ; les 1% les plus riches ont une empreinte carbone 30 fois supérieur à celle nécessaire pour rester sous la barre des +1.5 °C ; etc.

De son côté PM souhaitait soutenir Pollinis « qui agit pour stopper l’extinction des abeilles et autres pollinisateurs dont dépend l’ensemble de la biodiversité ». Je vous passe le couplet sur le rôle central des abeilles pour la pollinisation et sur le fait que croiser le chemin de l’Homme n’ait pas été la meilleure chose qui leur soient arrivées. Et comme dans notre foyer on aime bien les attaques en justice contre l’Etat, Pollinis participe à l’affaire « Justice pour le Vivant ». Qu’est-ce que l’Etat vient encore faire là-dedans ? Notre gouvernement a, entre autres, réautoriser l’utilisation des néonicotinoïdes.

Enfin, on donne à la Croix Rouge parce qu’on a beaucoup d’admiration et de respect pour toutes leurs actions sur le territoire national et aussi à l’étranger. Ils agissent notamment contre l’exclusion, la pauvreté et les inégalités. Un énorme merci pour ça.

Côté dons, il ne faut vraiment pas culpabiliser de la hauteur ou de la régularité de ses dons, chacun donne ce qu’il peut. Par contre, voici une astuce pour faire des dons à des associations sans débourser un euro. Cela s’appelle Lilo. C’est un moteur de recherche qui utilise vos recherches, non pas pour planter des arbres (comme Ecosia) ou pour vendre vos données personnelles (comme Google) mais pour générer un peu d’argent matérialisé sous la forme de gouttes d’eau. Vous pouvez ensuite reverser ces gouttes à des ONG ou des associations comme La Fresque du Climat, Wings of the Ocean ou encore Zero Waste France.

Des « investissements » alternatifs au banque climaticide

Continuons avec nos « investissements »

Avec PM on achète régulièrement des arbres grâce à Ecotree. C’est une entreprise (certifiée B corp) qui vous propose d’acheter et de financer la plantation d’arbre. Initialement j’avais pour objectif de compenser les émissions de gaz à effet de serre (GES) d’un trajet en avion qu’on culpabilisait d’avoir fait un peu avant notre transition personnelle. C’était bien avant comprendre les limites de la compensation carbone. Maintenant on continue pour aider à préserver la forêt et la biodiversité et nous sommes assez fier de notre petite forêt.
Je ne suis pas un expert des forêts et j’aurai du mal à discerner si l’initiative Ecotree est incluse dans ce que Vincent Verzat dénonce dans son enquête « Le forêt française est en danger ». A priori les forêts gérées par Ecotree ne sont pas des monocultures. Sur leur site internet ils ne mettent pas en avant uniquement le stockage du carbone mais aussi la préservation de la biodiversité et l’obtention de matières premières de construction renouvelable avec des échelles de temps qui me semble raisonnable (les arbres sont coupés au bout de plusieurs dizaines d’années).
Je serai donc ravi qu’on vienne m’apporter plus d’informations pour me conforter dans mon idée ou pour me faire changer d’avis.
J’ai classé ça dans la catégorie investissement parce que pour l’achat d’un arbre à environ 20€ on vous propose de récupérer, en moyenne, cinq fois sa valeur dans une centaine d’année. De quoi refroidir les excités de l’investissement à court terme et satisfaire les adeptes de la durabilité à long terme.

Avec PM on a aussi découvert la plateforme Miimosa (merci au challenge Ma Petite Planète) qui recense une multitude de projets qu’on peut soutenir. Soit en faisant des dons avec contrepartie ou soit par l’intermédiaire et de prêts rémunérés. Pour ce dernier, c’est assez simple, vous prêtez de l’argent et le porteur de projet vous rembourse chaque mois avec intérêt. Sur l’année 2021 on a décidé de participer au projet , une marque engagée de vins bio. Outre l’aspect investissement (ici, la promesse d’un taux d’intérêt à 4% / an) ce qui m’intéressait c’était une des dimensions de leur projet : le retour à la consigne. Oé c’est une entreprise (certifié B corp) qui travaille autour des vins bios. Ils collaborent avec des vignerons de différentes régions pour proposer du vin bio éco-conçu. Oé c’est aussi un partenariat ambitieux avec le mouvement « On est prêt » pour inciter les gens, autour d’une bouteille de vin, à imaginer un futur souhaitable pour 2040 (et vous savez comme je suis un adepte de l’invention de nouveaux imaginaires collectifs ). Chez Oé ils souhaitent maintenant déployer la consigne de leur bouteille dans toute la France (mis en place de casiers de consignes, partenariat avec des initiatives comme « Ma bouteille s’appelle revient », « La consigne bordelaise », etc.) Si vous ne voyez pas l’intérêt de la consigne, on a déjà décrypté les enjeux sur ce blog (voir Objectif C3).
Nb : si et seulement si vous souhaitez ouvrir un compte chez Miimosa, dans ce cas vous pouvez envisager de bénéficier du code de parrainage suivant : 43WFG676W (je ne vous cache pas qu’on a tous les deux un avantage financier à l’ouverture de votre compte).

PM était devenu actionnaire chez Time for The Planet en 2020. J’ai rejoint l’aventure en 2021. En deux mots, l’aventure Time c’est fédérer des dizaines de milliers de personnes autour d’un projet commun : financer des solutions technologiques pour lutter contre le changement climatique. Les fondateurs sont clairs, cela ne doit néanmoins pas se faire au détriment de tous nos efforts pour réduire nos émissions de GES. Devenir actionnaire chez Time est un investissement à but non lucratif. Je ne m’étends pas beaucoup plus sur le sujet, Time for The Planet est suffisamment calé en communication, je vous invite donc à faire vos recherches sur la toile.

Enfin, les derniers investissements concernent la NEF. Nous avons un livret d’épargne dans cette coopérative bancaire. Elle occupe la scène depuis déjà quelques années en terme de finance éthique. Bien souvent quand on vous propose une liste de gestes significatifs pour agir en faveur de la planète (ex : L’aventure Ça commence par moi de Julien Vidal ou le challenge Ma Petite Planète), transférer son épargne à la NEF en fait partie.
Pourquoi est-ce qu’il y a tant d’effervescence autour de la NEF ? Et bien le calcul est tout frais mes ami.e.s, Carbon4 Finance avec l’application Rift ont calculé l’empreinte carbone des € épargnés à la NEF. La conclusion est sans appel, l’argent que vous épargnez à la NEF est responsable de 4 fois moins d’émissions de GES que l’argent que vous épargnez dans une banque dite standard. En valeur absolue, de par la taille raisonnable de cette coopérative bancaire, elle émet, 5 730 fois moins de GES qu’une banque dite standard. Si ça vous intéresse de connaître réellement l’écart entre votre banque et la NEF pour ça il y a une application qui s’appelle RIFT. Vous rentrez tous vos supports monétaires (compte courant, livret d’épargne, livret soit disant développement durable, assurance vie, etc.) et l’application est capable de vous dire combien votre argent génère d’émissions de GES.

Plus d’informations sur le site de Carbone 4, url

Bon alors l’empreinte carbone c’est une chose mais ce que j’affectionne tout particulièrement avec la NEF c’est cette petite lettre annuelle qui vous dit à quoi a servi votre argent. Ce que j’affectionne tout particulièrement c’est la transparence de cette banque. Je sais ainsi quels projets sont subventionnés avec mon argent. Grâce à cette transparence vous êtes certains que votre argent ne finance pas un nouveau puits de pétrole en antarctique mais plutôt : un service de restauration lyonnais (Le Moulin), une initiative qui lutte contre le gaspillage alimentaire (La Fabuleuse Cantine), une coopérative rennaise qui remet l’artisanat au-devant de la scène (Comme un établi), une brasserie artisanale au pied du massif du Vercors (La Machine). La liste est longue. En 2020 c’est 459 prêts qui ont été accordés pour un total de 114 millions d’euros !

Je vous met au défi d’arriver à avoir le même genre d’informations chez un conseiller BNP Paribas, Société Générale ou Crédit Agricole.

Extrait de la liste des financements pour 2020, url

Attention comme tout investissement, il y a des risques de perte de tout ou partie de la somme investie. Mon article n’est donc pas une incitation à investir particulièrement. L’objectif est plutôt de de montrer aux personnes qui sont familière avec cette pratique qu’il y a des voies beaucoup plus respectueuses du vivant.

Un soutien financier pour des projets inspirants

Je voulais terminer avec un rapide listing des campagnes ulule, kisskissbankbank ou autre qu’on a soutenu.

Vous connaissez le principe, vous donnez de l’argent et bien souvent en échange on vous offre une contrepartie : votre nom au générique du film ou de la série, une avant-première, un item, des produits frais, etc.

Cela peut vous donner des idées de projets auxquels vous intéresser et ça vous fait aussi un joli listing de films / séries à visionner si ça n’a pas déjà été fait :

  • Le film Low-tech, réalisé par Adrien Bellay pour mettre un coup de projecteur (aïe) sur le mouvement des Low-Tech.
  • La série Avant L’orage réalisée par Solal Moisan et Camille Etienne. Le premier épisode Génération est disponible en ligne.
  • Le film Une autre empreinte, réalisé par Antoine Rault et Antoine Cuisinier pour mettre en avant les enjeux de notre décennie et de notre génération mais aussi les solutions.
  • Le film Animal, réalisé par Cyril Dion pour mettre sur le devant de la scène la sixième extinction de masse. Il passe encore dans quelques salles de cinéma alors si vous ne l’avez toujours pas vu, foncez !
  • Le parrainage de cacaoyers via Treegether, une initiative portée par Fabien Coutel pour offrir du chocolat de qualité et pour renforcer le lien entre le producteur et le consommateur.
  • Les BDs « Le petit guide de l’Effondrement » volumes 1 et 2 de Bandes Détournés. Ces ouvrages proposent d’aborder de manière décaler et humoristique la notion d’effondrement et d’engagements pour la planète.
  • Le guide des conversations utopiques de 2030 Glorieuses. Si vous connaissez le podcast 2030 Glorieuses animé par Julien Vidal, ce guide a pour objectif de vous aider à mener le même genre d’échange avec vos proches autour d’un monde souhaitable pour 2030.
  • Grâce à Crowdfarming nous parrainons des arbres fruitiers et nous avons ainsi reçu en 2021 : des mangues, des oranges, des clémentines, des avocats, des kakis et du riz de Camargue. Pour ce dernier, la riziculture biologique est associée à l’élevage des canards afin de remplacer tous les intrants et pesticides grâce au désherbage effectué par les canards. Crowdfarming c’est un moyen de  tisser un lien privilégié entre le producteur et le consommateur. S’ils n’ont pas toujours la certification BIO ils ont des pratiques respectueuses du vivant. Vous participez au développement de l’agriculture de demain en échange d’une partie de leur récolte.

J’insiste une dernière fois. J’ai cité une quinzaine d’initiatives. Je n’ai volontairement mis aucun chiffre parce que ça n’a aucune importance ! Si vous donnez ne serait-ce que 1€ à chaque initiative (ça ne me paraît pas démesuré) et que nous sommes des millions à le faire alors l’impact sera loin d’être négligeable. L’important ce n’est pas la hauteur de ce que vous donnez mais à qui vous donnez. Est-ce que ces initiatives vont dans le bon sens ? Est-ce que j’ai passé suffisamment de temps à me renseigner sur les tenants et les aboutissants du projet pour m’en assurer ? Et si l’investissement financier est bloquant pour vous, vous pouvez toujours donner de votre temps et/ou de l’énergie.

Pour ceux qui s’intéressent à l’impact environnemental de leur argent, je vous conseille ce petit livre écrit par Julien Vidal de la collection « Je passe à l’acte ». Il disserte de notre rapport à l’argent, de l’impact des banques sur le climat et propose tout un tas d’alternatives. Parmi celles que je n’ai pas mentionné ci-dessus il y a le recourt à des monnaies locales, les plateformes Lita ou Babyloan, les produits de finance solidaire ou encore les systèmes d’échanges locales (SEL).

Merci de m’avoir lu jusqu’au bout, merci comme toujours de votre bienveillance et de votre soutien. J’espère que cet article vous a donnez des idées d’initiatives à soutenir (qui sait, pour valider un défi Ma Petite Planète, du flouz pour le climat). N’hésitez surtout pas à commenter cet article pour ajouter des initiatives ou pour me faire part de vos retours. Je vous invite chaudement vous abonner à ce blog pour être avertis lors de la sortie de nouveaux contenus (sans être dépendant des algorithmes de nos chers réseaux sociaux).

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